mercredi 18 août 2010

Les opérateurs nigériens annoncent leur départ du Port de Cotonou, par lequel transite l’essentiel de leur fret

Les commerçants nigériens ont annoncé mercredi, par la voix de leur président, Elhadj Ibrahim Samaila, qu’ils abandonneront le port de Cotonou, par lequel transite l’essentiel de leur fret, pour orienter leurs marchandises vers d’autres ports d’Afrique de l’Ouest comme Lomé, Abidjan et Téma, en raison de la « double taxation » sur l’huile végétale imposée par la douane béninoise, a appris APA de source officielle.
« Nous allons changer de port de transit, puisqu’il en existe plusieurs dans la sous-région. D’ores et déjà, une mission composée des représentants du gouvernement, de ceux de la Chambre de Commerce et des délégués des commerçants a sillonné les pays portuaires » a indiqué à la presse, Elhadj Samaila.
Cette mission, a-t-il souligné, s’est notamment rendue à Abidjan, à Lomé et Tema (Ghana) pour échanger avec les autorités portuaires et « nous sommes donc en train de réfléchir pour convenir ensemble des dispositions à prendre pour diriger nos marchandises vers ces ports ».
Les opérateurs nigériens protestent depuis juin dernier contre une « double taxation » accusant aussi le Bénin d’imposer des taxes sur les huiles « en violation des règles du commerce international et des conventions internationales privilégiant les pays enclavés comme le Niger ».
Pays de l’hinterland, le Niger bénéficie d’un régime de taxes préférentiel lui permettant d’importer tous les produits destinés à la consommation locale notamment à travers Cotonou, qui constitue le port le plus proche de Niamey, à quelque 1000 km.
Lundi dernier, le président de la Commission de l’UEMOA, Soumaila Cissé, reçu par le Chef de l’Etat du Niger, a déclaré que son institution va s’investir pour « trouver une solution » à l’épineux différend qui oppose depuis les opérateurs nigériens à la douane béninoise.
« Le gouvernement, la Chambre de Commerce et les syndicats des commerçants ont demandé à tous les importateurs de transférer leurs marchandises importées au niveau de ces ports identifiés » a affirmé le président des commerçants du Niger.
« Nous sommes en train d’évacuer nos marchandises déjà arrivées à Cotonou, mais il n’y aura plus de nouveaux arrivages. Tu ne peux pas dédouaner deux fois la même marchandise. Dans ces conditions, on n’a même pas besoin de demander à un importateur de changer de port, cela s’impose à lui » a –t-il insisté.
Les commerçants nigériens avaient boycotté le port de Cotonou en juin dernier puis renoncé à leur grève après des « garanties » données par un émissaire envoyé à Niamey par le président béninois.
Selon M. Samaila, « même s’il est vrai que le port de Cotonou est le plus proche pour les Nigériens, s’il faut dédouaner deux fois la même marchandise, il vaut mieux aller dans un autre port (...) car un seul conteneur vous reviendra à plus de 2 millions FCFA. A cela il faut ajouter les pénalités liées à l’entreposage ».
Déclinant les « péripéties » dont ils font l’objet, le président des commerçants du Niger a affirmé que « pour dédouaner une marchandise au Bénin, il te faut un Numéro d’identification fiscale (NIF) du Bénin. Et si donc tu empruntes le NIF à quelqu’un, il peut dire que la marchandise lui appartient du point de vue de la loi. Vous voyez que c’est un grand risque que de dédouaner nos marchandises là-bas ».
Actuellement « plus de 700 conteneurs sont bloqués à Cotonou, sans compter ceux qui étaient en route, mais qui ont été orientés vers d’autres ports » a-t-il dit, excluant toutefois que cette situation engendre une pénurie au Niger.
« Il faut reconnaître qu’à un certain moment, les quantités disponibles ici sur place ont diminué. C’est ce qui explique la hausse des prix observée sur nos marchés. Mais tout rentrera bientôt dans l’ordre parce que nous sommes en train de faire rentrer les stocks bloqués à Cotonou et ceux ayant transité par d’autres ports », a assuré M. Samaila.
Depuis quelques temps, le Niger est sollicité par d’autres ports d’Afrique de l’Ouest comme Abidjan qui a ouvert en 2008 un bureau à Niamey, où il avait proposé des facilités financières et logistiques afin de réduire les coûts pour les commerçants nigériens.

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