mercredi 23 juin 2010

Boni Yayi à Niamey sur fond de tensions entre les opérateurs nigériens et le Port de Cotonou

Le Chef de l’Etat béninois, Boni Yayi, est arrivé mercredi à Niamey pour une visite d’une à Niamey, trois jours après l’annonce par le gouvernement nigérien de la suspension du boycott du port de Cotonou, lancé depuis le 5 juin par les opérateurs nigériens qui protestent contre une nouvelle réglementation instituée par la douane béninoise.
Officiellement, le dirigeant béninois, premier Chef d’Etat à fouler le sol nigérien depuis le putsch du 18 février dernier qui a évincé Mamadou Tandja du pouvoir, est venu au Niger pour une « visite d’amitié et de travail ».
Il aura ainsi des entretiens en tête-à-tête avec le Général Djibo Salou, Chef de l’Etat nigérien avant de regagner son pays, a-t-on souligné de sources proches de la Présidence nigérienne.
D’autres sources contactées par APA, affirment en revanche que la visite du Président Yayi est consécutive à la tension qui prévaut entre les opérateurs nigériens et les autorités portuaires du Bénin.
Le bras de fer entre la douane béninoise et les opérateurs nigériens a été déclenché fin mai dernier, lorsque ces derniers avaient lancé le boycottage du port de Cotonou en réaction à l’institution d’une « double taxation » sur certains produits de consommation comme l’huile végétale en direction du Niger.
Les importateurs nigériens ont renoncé dans un premier temps à leur grève après des « garanties » données par un émissaire envoyé à Niamey par le président béninois.
Par ailleurs, une session de la commission paritaire entre le Niger et le Bénin se tiendra « bientôt » pour examiner « plus profondément » les difficultés qui subsistent dans le relations entre les deux pays.
En 2009, au lendemain d’un boycott du port de Cotonou par les commerçants nigériens , le Chef de l’Etat béninois, en visite à Niamey, avait affirmé que son pays est disposé à mettre ses infrastructures portuaires à la dispositions du Niger et de ses opérateurs sociaux et économiques, par la suppression de tous les obstacles qui se posent à l’accès du Niger au corridor béninois.
Niamey et Cotonou examinent également un projet commun dont l’accès au corridor et la construction d’une voie ferrée devant relier les deux pays.
Pays de l’hiterland, le Niger achemine déjà son uranium via Cotonou, aura davantage besoin du port béninois, pour convoyer d’importantes quantités de ce minerai, avec la signature en mai 2009 d’une convention d’exploitation des gisements d’uranium d’Imouraren( nord du Niger), au profit du groupe français AREVA.
L’exploitation de ce minerai, va permettre à l’horizon 2012, l’exportation de prés de 5000 tonnes annuelles, plaçant également le Niger au deuxième rang des pays producteurs d’uranium.
Le Niger bénéficie d’un régime de taxes préférentielles permettant d’importer des produits destinés à la consommation locale lui permettant d’importer tous les produits destinés à la consommation locale notamment à travers Cotonou, qui constitue le port le plus proche de Niamey sur 1000 km.
Mais depuis quelques mois, Niamey est courtisé par d’autres ports de la sous région notamment le port d’Abidjan qui a ouvert en début 2008 une représentation dans la capitale nigérienne où il avait proposé des « facilités financières et logistiques » afin de réduire les coûts pour les opérateurs nigériens.

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