mardi 2 mars 2010

Les Nigériens apprécient diversement le gouvernement de transition

Les réactions étaient mitigées mardi au Niger au lendemain de l'annonce par la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat du 18 février, de la composition du gouvernement de transition : quelques militaires de haut rang et des civils essentiellement inconnus du grand public.

"Il y a beaucoup de noms inconnus, donc difficile de juger ou d'apprécier", a déclaré à l'AFP Issoufou Sidibé, le dirigeant de la Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN, centrale syndicale).

Le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD, junte), qui a renversé le président Mamadou Tandja, a présenté lundi soir un gouvernement de 20 membres parmi lesquels figurent cinq militaires.

Le chef de la junte Salou Djibo avait auparavant été proclamé président et un ancien ministre, Mahamadou Danda, Premier ministre.

Le nouveau gouvernement sera aux commandes le temps d'une transition dont la durée n'a pas été précisée et devant aboutir à des élections.

Seuls les militaires qui y ont été nommés, notamment trois généraux, sont connus du public pour avoir servi aux côtés de M. Tandja.

Ainsi, le général Mamadou Ousseïni, précédemment chef d'Etat major de l'armée de Terre, a été nommé minitre de la Défense.

Le général Maï Manga Oumara, promu aux Sports, était le chef d'Etat major particulier de M. Tandja et le général Abdou Kaza, devenu ministre de l'Environnement, est l'ex-aide de camp du président déchu.

Le colonel Ahmed Mohamed, qui s'est vu confier les Transports a été plusieurs fois préfet de région, tandis que le colonel Diallo Amadou, qui détient le portefeuille de l'Equipement, a été président du Tribunal militaire.

"Je suis déçu. Je constate qu'il y a des gens qui ont collaboré avec l'ancien président qui a géré ce pays de manière catastrophique", a déploré mardi Aksar Moussa, directeur de la revue privée l'Evènement.

Le nouveau Premier ministre avait annoncé que son gouvernement serait formé de "technocrates", sans coloration politique. Plusieurs d'entre eux vivent à l'étranger, comme la nouvelle chef de la diplomatie, Touré Aminatou Maïga, ambassadrice du Niger aux Etats-Unis.

C'est aussi le cas du nouveau ministre de l'Intérieur, Cissé Ousmane, ancien directeur général de la Police sous M. Tandja, rappelé du Tchad.

Badamassi Anou, nommé aux Finances, est un économiste qui vit aux Etats-Unis et Me Souley Mamadou Abba, le ministre des Mines et Energie, est avocat en France.

Marou Amadou, figure influente de la société civile, a affirmé avoir "une bonne impression" de l'équipe.

"Elle est capable d'oeuvrer au retour rapide à la démocratie et réconcilier les Nigériens, nous allons lui apporter notre soutien", a-t-il assuré à l'AFP.

"Il faut regretter que ce ne soient pas les partis politiques qui doivent mener la transition", a de son côté déploré Ali Sabo, vice-président du Mouvement national pour la société de développement (MNSD), l'ex parti au pouvoir.

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