jeudi 19 mai 2011

Non lieu au Niger pour les officiers accusés de tentative de coup Etat

Au Niger, les quatre officiers supérieurs accusés de complot contre l'autorité de l'Etat ne seront pas renvoyés devant un tribunal. Ce jeudi 19 mai 2011 au matin, la Cour d'Etat a prononcé un non lieu, estimant qu'aucune preuve n'a pu être apportée concernant ce projet de complot contre la personne de Salou Djibo, le chef de la junte et président par intérim avant la prise de pouvoir de Mahamadou Issoufou. Cette affaire de complot a fait couler beaucoup d'encre durant la transition militaire ces derniers mois et, finalement, la justice estime qu'il n'y a rien dans le dossier.
Au Niger, le président de la Cour a tranché ce jeudi matin : l'enquête préliminaire n'a pas permis de réunir de preuves pour renvoyer les colonel Badié, Diallo, Sanda et Sidikou devant un tribunal pour tentative de coup d'Etat contre Salou Djibo. Les quatre officiers supérieurs, dont le numéro deux de la junte, Abdulaye Badié, ont été arrêtés en octobre 2010, placés au secret durant plusieurs semaines avant d'être officiellement accusés d'atteinte à la sûreté de l'Etat.
Depuis janvier, les quatre militaires étaient incarcérés dans autant d’établissements pénitentiaires différents. La justice a prononcé ce matin leur libération et pour Maître Coulibaly, l'un de leurs avocats, cette décision n'est que justice à l'endroit de ses clients. Selon lui, ils n’auraient été que des « empêcheurs de tourner en rond ».

Des arrestations bien mystérieuses

Au moment de leur arrestation, il est apparu une évidence : la junte était traversée par des luttes intestines et des divergences de vues à propos de la transition. Parmi les sujets de discorde, il y avait la durée de la transition. Le colonel Badié, par exemple, était favorable à une transition plus longue permettant de réformer plus en profondeur les institutions.
Mais selon Maître Coulibaly, les quatre officiers mis à l'écart ont payé leurs divergences sur des dossiers plus concrets : ils étaient, par exemple, opposés à ce que la junte engage l'Etat du Niger sur des prêts à longue durée contre des concessions minières accordées à des fonds d'investissements chinois. Et surtout, ils refusaient la présence permanente de soldats français sur le sol nigérien à la suite des enlèvements de plusieurs Français dans la ville d'Arlit. Selon les proches des quatre militaires, c'est là qu'il faut chercher les vraies raisons de leur disgrâce.
Aujourd’hui, les quatre officiers sont libres et vont regagner leurs unités avec leurs grades respectifs. Reste à savoir s’ils vont intenter des actions en dédommagement pour avoir passé sept mois en prison.
(Source RFI )

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