mercredi 21 décembre 2011

Niger : lancement d'une campagne de réduction de la mortalité maternelle

Une campagne de réduction de la mortalité maternelle a été lancée mardi à Niamey dans le cadre d'un projet de l'Union africaine (UA) visant à accélérer la lutte contre les décès maternels de manière concerté.
Le projet dénommé "Campagne d'accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA)" a été officiellement lancée par l'UA le 7 mai 2009 à Addis-Abeba (Ethiopie).

A l'ouverture de la campagne au Niger, le président Issoufou Mahamadou a révélé que dans son pays "12 femmes décèdent chaque jour en donnant la vie, pendant qu'au même moment meurent 72 nouveaux nés".

"Le décès d'une femme en grossesse, en travail ou dans les suites de couches constitue un véritable drame", a-t-il dit.

Pour réduire le taux, M. Mahamadou a suggéré de prendre en compte toutes les causes liées à la pauvreté, notamment, les mariages précoces, le taux de fécondité très élevé en Afrique et la mauvaise couverture sanitaire "en s'attaquant aux racines de la pauvreté".

Il a indiqué que l'objectif de son gouvernement est d'atteindre un taux de mortalité maternelle de "4,05 pour 1 000 à l'horizon 2015".

Pour atteindre cet objectif, le président nigérien, en plus de la consolidation de la gratuité des soins en vigueur, a annoncé un test pilote dans certaines régions depuis juillet 2011 avec la gratuité de tous les accouchements et la mise sur pied d'un Haut conseil national, interministériel et multisectoriel sur la mortalité maternelle et néonatale.

Niger: le FMI conseille de gérer prudemment la manne pétrolière et minière

Le Fonds monétaire international a conseillé au Niger, dans un rapport publié lundi, de dépenser prudemment les revenus que le pays va tirer du pétrole, dont il est devenu producteur, et de l'uranium.
Le Niger pourrait connaître en 2012 l'une des plus fortes croissances économiques du monde, dopée par la production de pétrole qu'il a commencé à extraire en septembre dans une zone désertique de l'Est du pays.
"Compte tenu de la mise en service à venir du projet pétrolier, la croissance réelle du PIB pourrait atteindre 14% en 2012", a indiqué le FMI dans son rapport annuel sur l'économie nigérienne.
Le Fonds a appelé à gérer judicieusement cette manne, sachant que le pays est "très vulnérable aux chocs exogènes, y compris des crises alimentaires récurrentes et les fluctuations des cours des prix des matières premières".
"Les perspectives favorables pour la croissance des recettes crée une marge de manoeuvre importante en vue d'un accroissement des dépenses de développement", a-t-il relevé, alors que "plus de 40%" des Nigériens vivent avec 1,25 dollar par jour ou moins, le seuil de l'extrême pauvreté d'après la Banque mondiale.
"Les équipes du FMI ont suggéré que les autorités examinent la création d'un coussin de sécurité budgétaire [...] Un tel coussin aiderait les autorités à stabiliser les dépenses publiques et l'activité économique à moyen terme, atténuant les effets négatifs que les chocs peuvent avoir sur l'emploi, la pauvreté et d'autres indicateurs sociaux".
La directrice générale du Fonds Christine Lagarde est attendue à Niamey mercredi, où elle est invitée à participer à un conseil des ministres, à prononcer un discours devant l'Assemblée nationale et à rencontrer des représentants d'institutions financières et du secteur privé.

jeudi 15 décembre 2011

Niger: des milliers de jeunes manifestent après la mort d'un lycéen

Plusieurs milliers de jeunes ont manifesté jeudi à Niamey pour protester contre la mort d'un lycéen tué par les forces de l'ordre début décembre à Zinder, dans le centre-est du Niger, l'université et les écoles ont été fermées, a constaté un journaliste de l'AFP.
A l'appel d'un syndicat, l'Union des scolaires nigériens (USN), plusieurs milliers d'étudiants et d'élèves ont défilé dans les rues de la capitale aux cris de "non à la tuerie de nos camarades" et "à bas la VIIe République!", avant de tenir un meeting devant le Parlement.
Deux personnes, un lycéen et une femme, ont été tuées les 6 et 7 décembre au cours d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Zinder, deuxième ville du Niger.
"Nous voulons rendre hommage à notre camarade tué à Zinder et exiger toute la lumière sur sa mort", a déclaré Lawali Maazou, secrétaire général de l'Union des étudiants à l'université de Niamey (UENUN).
Les jeunes se sont dispersés dans le calme peu avant 12H00 (1H00 GMT).
Les manifestants ont jugé insuffisant le limogeage de plusieurs hauts responsables de la police dans le cadre d'une enquête officielle sur ces événements. Le policier auteur présumé du tir qui a tué l'habitante a été arrêté.
Selon les médias privés, la femme avait été touchée par une "balle perdue".
Le lycéen est décédé des suites de "traumatismes crâniens" causés par le jet d'une grenade lacrymogène.
Selon le gouvernorat de Zinder, les forces de l'ordre avaient tenté de disperser des attroupements aux alentours du palais de justice, où se tenait le procès d'Aboubacar Mahamadou, un homme politique proche de l'ex-président Mamadou Tandja.
Aboubacar Mahamadou avait été arrêté le 25 novembre après avoir été accusé de préparer des manifestations de protestation contre l'arrivée du président Mahamadou Issoufou à Zinder pour l'inauguration de la première raffinerie de pétrole du pays.
Finalement relaxé, Aboubacar Mahamadou a été de nouveau arrêté et écroué à la prison de Zinder, selon des proches de M. Tandja. Ceux-ci ont annoncé qu'ils organiseront samedi un meeting à Niamey pour exiger sa libération.

lundi 28 novembre 2011

Niger : démarrage de la production du pétrole national

Le président Mahamadou Issoufou a présidé lundi à Oualéléwa, près de Zinder (900 km, est de Niamey), la cérémonie de lancement officiel des activités d'exploitation du pétrole d'Agadem, et de mise en service de la raffinerie de Zinder, société à capitaux sino-nigériens.

C'était en présence de quelques 400 invités, les hautes autorités de la République dont le président de l'Assemblée nationale, M. Hama Amadou, le président de la China National Petroleum Corporation (CNPC), M. Jiang Jiemin, les représentants du corps diplomatique et des institutions internationales accrédités au Niger, ainsi que plusieurs délégations venues des pays voisins et amis.

C'était au cours d'une cérémonie grandiose, sous haute sécurité, retransmise en semi-direct sur les antennes de la radio et de la télévision nationales. Ce jour, de l'avis général de l'opinion publique, c'est un moment mémorable ; c'est un grand jour, tant attendu par les Nigériens.

Le clou de la cérémonie a été notamment la coupure du raban par le président Issoufou donnant le coup d'envoi solennel du démarrage de la production du pétrole "made in Niger".

Intervenant, auparavant, au cours de cette cérémonie, le président de la CNPC s'est beaucoup appesanti sur le respect des engagements suscrits.

Quant à l'ambassadeur de Chine au Niger, il a insisté sur l'amitié entre le Niger et son pays depuis plusieurs décennies. Il a rappelé les objectifs de la diplomatie chinoise, basée sur " l'aide par l'assistance et l'investissement, sans aucune conditionnalité politique".

Peu avant cette cérémonie, il a été signé deux conventions entre les autorités nigériennes et la partie chinoise, sur le site de la SORAZ, relatives, d'une part, à la reprise intégrale de la route Diffa-N'guigmi-frontière tchadienne, et d'autre part, à la construction d'une route reliant N'guigmi à Bilma, sur plusieurs centaines de kilomètres, plus au nord.

La SORAZ a une capacité de 100 000 tonnes, estiment les responsables chinois. Elle produira environ 20 000 barils par jour, pour un besoin national estimé à 7 000 ; les 13 000 barils restants seront destinés à l'exportation, selon le ministre Foumakoye Gado.

En outre, une centrale électrique d'une capacité de production de 54 mégawats par jour y a été construite, qui pourrait alimenter toute la région de Zinder en énergie électrique.

Il faut noter que c'est la société chinoise China National Petroleum Corporation qui est chargée de la production et du transport du pétrole brut des champs pétrolifères d'Agadem à la raffinerie de Zinder, par un pipe-line sur plus de 460 kilomètres.

Le gisement découvert est estimé à plus de 400 millions de tonnes de pétrole, selon les techniciens.

samedi 26 novembre 2011

Coopération l'UE accorde 32 millions d'euros au Niger

L'Union européenne a accordé vendredi soir 32 millions d'euros au Niger pour des projets de coopération, notamment dans la lutte contre la pauvreté qui touche l'écrasante majorité des 15 millions d'habitants.

Trois conventions relatives à cette aide ont été signées par le ministre nigérien des Finances, Ouhoumoudou Mahamadou, et le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, qui a effectué une brève visite à Niamey.

Sur les 32 millions d'euros, 19 millions d'euros (plus de 12,4 milliards FCFA) sont destinés à un Programme d'appui au développement du système statistique national et à financer un recensement général de la population en 2012 pour évaluer la pauvreté, a indiqué M. Mahamadou.

Quinze millions d'euros (9,8 milliards FCFA) seront consacrés à la réforme judiciaire et à l'Etat de droit et 8 millions d'euros (5,2 milliards FCFA) iront à l'appui à la société civile, a-t-il souligné.

Ces aides "témoignent de la pleine reprise de la coopération avec le Niger", a expliqué Andris Piebalgs. M. Mahamadou s'est félicité du "retour à la normalité de la coopération avec l'Union européenne".

Bruxelles avait suspendu sa coopération au développement avec le Niger en 2009, quand l'ancien président Mamadou Tandja avait refusé de quitter le pouvoir au terme de son mandat.

vendredi 11 novembre 2011

Le fils de Kadhafi, Saadi, réfugié au Niger pour des raisons humanitaires

Le Niger a accordé l'asile pour des raisons humanitaires à Saadi, l'un des fils de l'ex-leader libyen Mouammar Kadhafi, a annoncé vendredi à Pretoria le président nigérien Mahamadou Issoufou.
Devant la presse à l'issue d'une visite en Afrique du Sud, il a ajouté qu'un autre fils de l'ancien dictateur, Seif al-Islam, n'était pas dans son pays.
"Nous avons accepté d'accorder l'asile à Saadi Kadhafi pour des raisons humanitaires", a déclaré M. Issoufou.
Saadi Kadhafi, 38 ans, s'est réfugié au Niger en août lors de la chute de Tripoli qui a mis fin aux quarante-deux ans du régime autoritaire de son père.
Il est recherché par les nouvelles autorités libyennes qui l'accusent de "s'être emparé de biens par la force et l'intimidation quand il dirigeait la Fédération libyenne de football", selon Interpol.
Footballeur à la réputation de playboy, il avait tenté sans succès une carrière professionnelle en Italie, avant de diriger une unité d'élite de l'armée libyenne.
Le Premier ministre nigérien Brigi Rafini avait déclaré en septembre qu'il n'était "pas question" d'extrader Saadi, au moins jusqu'à ce qu'il puisse être assuré d'un procès équitable en Libye.
Quant à son frère qui est recherché par la Cour pénale internationale pour des crimes contre l'humanité commis lors de la répression contre la rébellion, M. Issoufou a assuré que "Seif al-Islam n'est pas au Niger".
"Je devrais considérer ce qu'il convient de faire s'il vient", a-t-il dit.

(AFP)

lundi 31 octobre 2011

Décès du général Ali Saïbou, président du Niger de 1987 à 1993

Le général Ali Saïbou, qui fut président du Niger de 1987 à 1993 et permit l'instauration du multipartisme, est décédé lundi à Niamey à l'âge de 71 ans, a annoncé la présidence.

Le chef de l'Etat Mahamadou Issoufou a le profond regret de vous annoncer le décès ce jour 31 octobre 2011 de Son Excellence le général de corps d'armée Ali Saïbou, ancien président de la République, indique un communiqué lu sur la télévision publique.

A compter de ce lundi un deuil de trois jours est décrété sur l'ensemble du territoire national, les drapeaux seront mis en berne pendant cette période, a ajouté la présidence.

Malade depuis plusieurs années selon sa famille, le défunt sera enterré mercredi dans son village natal de Dingajibanda (ouest), a précisé à l'AFP une source gouvernementale.

Le général Saïbou était très amaigri et fatigué lors de sa dernière apparition publique le 7 avril à Niamey, à l'occasion de la cérémonie d'investiture du président Issoufou, arrivé au pouvoir après plus d'un an de junte militaire.

Né en 1940, il avait été désigné en 1987, par la junte alors à la tête de ce pays abonné aux coups d'Etat, pour succéder au général-président Seïni Kountché, décédé des suites d'un cancer.

Dès sa prise de fonction, le général Saïbou décrète une période de décrispation durant laquelle il libère tous les détenus politiques du président Kountché, y compris Diori Hamani, premier président civil du pays, renversé par un coup d'Etat dirigé par Kountché le 14 avril 1974.

Il fera voter en 1989 par référendum la Constitution de la IIe République et sera dans la foulée élu président avec 99,5 % des suffrages, alors que le pays vit encore sous le régime du parti unique.

Son pouvoir a été secoué par de vastes mouvements sociaux, notamment d'étudiants et de syndicats réclamant la démocratie. Trois étudiants avaient été tués par les forces de l'ordre lors d'une manifestation en 1990 dans la capitale.

Sous la pression de la rue, il autorise en 1991 la tenue d'une Conférence nationale souveraine qui débouche en 1993 sur l'introduction du multipartisme, puis sur les premières élections démocratiques de l'histoire de cette ex-colonie française.

Le gouvernement du président Issoufou a institué le 29 juillet dernier une journée de la démocratie en souvenir de cette Conférence nationale.

Avant d'être chef de l'Etat, Ali Saïbou s'était rendu très populaire dans le monde rural, ultra-majoritaire dans ce pays sahélien très pauvre, en menant une vaste opération de distribution gratuite de vivres après la sécheresse des années 1970. Il était membre de la junte au pouvoir à l'époque.

Depuis son départ de la présidence, il s'était retiré de la vie politique active mais était régulièrement consulté par les gouvernants successifs.


(©AFP / 31 octobre 2011)

samedi 8 octobre 2011

Le Mena du Niger qualifié !

Le Niger s’est qualifié pour la première fois de son histoire à la CAN Orange. A égalité de points avec les Sud-Africains et les Sierra Leonais (9 pts), les Menas l’emportent à la différence de but particulière.

Malgré sa lourde défaite en Egypte (0-3, des buts de Mohsen (2) et Salah), les Nigériens se qualifient pour la phase finale de la CAN Orange 2012. Les Mena profitent du match nul (0-0) entre sud-Africains et Sierra-Léonais.

Les trois équipes étant à égalité à 9 points, c’est la différence de buts particulière qui les départage et elle est favorable aux partenaires de Moussa Maazou, qui sur les 4 rencontres ont pris 6 points ( 2 victoires contre l'Afrique du Sud, 2-1 et la Sierra Leone, 3-1) contre 5 à ses partenaires (victoire contre le Niger 2-0 pour l'Afrique du sud et 2-1 pour Sierra Leone; avec deux match nuls vierges).

lundi 3 octobre 2011

Tunisair à Niamey en novembre

La compagnie aérienne tunisienne devrait s’envoler en novembre pour la capitale du Niger, ouvrant ainsi sa cinquième ligne africaine en dehors du Maghreb.

Suite à un accord entre la Tunisie et le Niger, Tunisair ouvrira une ligne Tunis – Niamey en novembre, selon l’agence de presse PANA qui cite une source officielle. Ni la date de lancement, ni les fréquences, ni les horaires n’ont encore été communiqués officiellement, mais les vols devraient être assurés en Airbus A319.

Après Abidjan (la capitale de Côte d’Ivoire desservie deux fois par semaine), Bamako (la capitale malienne avec deux vols hebdomadaires), Dakar (capitale du Sénégal opérée trois fois par semaine) et Nouakchott (la capitale mauritanienne qui bénéficie de trois vols hebdomadaires), Niamey deviendra la cinquième destination africaine de Tunisair. Et la compagnie nationale de Tunisie, qui aimerait faire de Tunis un hub entre l’Europe et l’Afrique, devrait aussi ouvrir au début de la saison hivernale une liaison avec Ouagadougou (Burkina Faso).

A Niamey, Tunisair retrouvera deux autres compagnies maghrébines : Air Algérie et Royal Air Maroc. Mais l’aéroport nigérien est aussi desservi par Air France, Air Burkina, Air Mali, Asky Airlines et Senegal Airlines.

Les collectivités françaises appuient la démocratie nigérienne

A Saint-Brieuc, 130 personnes, dont le Premier ministre du Niger, ont participé aux Rencontres de la coopération décentralisée franco-nigérienne les 29 et 30 septembre 2011. Malgré les récentes difficultés politiques et les problèmes de sécurité au sud du Sahara, les collectivités françaises et nigériennes ont réaffirmé leurs engagements réciproques et lancent le 3ème volet du programme Aniya

«Au Niger, ‘Aniya’, ça veut dire volonté, engagement», expose Idi Tanko. Le coordinateur du programme Aniya 3 à Niamey était à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), les 29 et 30 septembre, à l’occasion des Rencontres de la coopération décentralisée franco-nigérienne auxquelles a participé Brigi Rafini, premier ministre du Niger nommé suite aux élections de mars 2011.

Mutualiser, coordonner, capitaliser - « En France, il y a peu de programmes concertés de coopération décentralisée comme Aniya, ajoute Stéphane Valli, vice-président de la Communauté de communes de Faucigny-Glières (Haute-Savoie, 7 communes, 25 000 habitants). Nous mutualisons nos moyens, nous coordonnons nos actions et nous capitalisons les expériences des collectivités françaises et nigériennes. »

Le premier programme Aniya a été lancé en 2003 et renouvelé en 2005. Mais la crise politique et institutionnelle ouverte en 2009 a retardé son troisième volet.
Aniya 3 implique désormais un réseau d’une quarantaine de collectivités françaises et d’une cinquantaine de collectivités nigériennes autour de 80 projets. Ce programme triennal bénéficie d’une subvention du Ministère des affaires étrangères de 300 000 € et du soutien financier et logistique des collectivités françaises. Ainsi 200 000 € sont annuellement investis au Niger.

Effet leviers des financements – « Les financements des collectivités françaises ont un effet levier important au Niger où 100% des investissements et 60% des budgets de fonctionnement relèvent de l’aide internationale, » commente M. Valli qui préside le groupe-pays Niger de Cités Unies France. « Mais la coopération décentralisée s’inscrit dans la durée, on apprend à se faire confiance, à se dire franchement les choses. On évite ainsi les relations qui peuvent y avoir avec un bailleur de fonds. »
La communalisation nigérienne co-existe avec le système traditionnel de chefferie où les chefs de village sont membres de droit du conseil municipal et où le « chef de canton », et non l’Etat, collecte les impôts.
«Le chef est élu à vie et le maire a un mandat, explique M. Tanko qui a été maire de Sabon Guida de 2004 à 2010. C’est problématique car le maire ne récupère pas toutes les taxes perçues par le chef de canton. Dans le meilleur des cas, les communes perçoivent la moitié des impôts envisagés. Dans ma commune de 74 000 habitants, nous disposions de 36 à 45 millions de francs CFA par an (55 000 – 68 600 euros). »

Impliquer malgré les restrictions budgétaires – En 2010, le Fonds monétaire international estimait à 381$ le PIB per capita au Niger et à 41 018 $ en France. « Le Niger n’est pas un pays pauvre, mais un pays mal géré, » déclarait Mahmadou Issoufou, le président de la république nigérienne, au moment de son élection.

« La Communauté de communes de Faucigny-Glières consacre 0,5% de son budget à la coopération décentralisée avec Téra (70 000 habitants), soit 100 000 euros dont la moitié sont financés par le MAE. Cette somme représente presque de leur moitié du budget communal. Malgré les restrictions budgétaires, nous n’y touchons pas. Mais ce contexte pose problème pour promouvoir la coopération décentralisée. Quarante collectivités françaises se sont engagées dans Aniya. Il en faudrait encore 210 pour que chaque commune nigérienne ait un partenaire. Finissez donc votre article en disant que le Niger est un pays exemplaire dont la démocratie a besoin d’appui ! »

Renforcer la qualification des élus et des territoriaux du Niger

Aniya 3 développe des projets dans cinq domaines :

le renforcement des capacités des communes nigériennes,
l’éducation,
la santé,
l’économie,
les échanges culturels.
Les efforts se concentrent dans le premier volet, appelé par la décentralisation nigérienne et la création, en 2004, de 255 communes et quatre villes. Les collectivités françaises apportent ainsi à leurs homologues nigériens un concours financier sur leurs projets de voierie, d’assainissement (latrines), d’eau potable ou d’activités génératrices de revenus communaux (par exemple, clôturer un marché aux bestiaux), mais aussi sur la formation des jeunes élus et fonctionnaires territoriaux.
Sur les cinq dernières années, 500 Nigériens ont ainsi bénéficié de formations ou de voyages d’études, notamment dans les pays d’Afrique de l’Ouest comme le Bénin ou le Burkina Faso qui ont l’expérience de la décentralisation. Pour faire face aux problèmes de sécurité au Niger – le MAE déconseille les voyages dans le pays – Aniya prévoit aussi la mise en place d’outils de téléconférence. Enfin, afin de faciliter les voyages de Nigériens en France, Aniya va proposer au ministère une charte sur la délivrance des visas.

S. Stoll