samedi 20 février 2010

condamnations et espoir d'un règlement démocratique à la crise

PARIS - La communauté internationale a condamné unanimement vendredi la prise de pouvoir "non-constitutionnelle" jeudi au Niger, et a demandé la tenue d'élections rapides, tout en estimant que l'obstination du président déchu avait pu précipiter les événements.

Comme les organisations régionales africaines et des Etats du continent, les Etats-Unis, l'Union européenne, la France, l'Organisation de la conférence islamique ont notamment fait entendre leur voix.

L'Union Africaine (UA) a, tôt vendredi matin, "condamné la prise du pouvoir par la force au Niger" par des militaires et demandé un "retour rapide à l'ordre constitutionnel".

Dans un communiqué, Jean Ping, président de la Commission de l'UA, a rappelé que les textes de l'Union "condamnent systématiquement tout changement anticonstitutionnel" et, en conséquence, "la prise de pouvoir par la force intervenue au Niger".

Le chef de l'exécutif de l'UA s'est dit en contact étroit avec la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

La Cédéao, qui regroupe 15 pays de la région, avait suspendu le Niger en 2009 après que le président Mamadou Tandja, âgé de 71 ans, avait prolongé son pouvoir au delà de son mandat par des moyens politiques très contestés. Européens et Américains avaient aussi décrété des sanctions.

Le président de la Cédéao, Goodluck Jonathan, chef de l'Etat par intérim du Nigeria, a dénoncé "une fois de plus tous les actes destinés à parvenir ou à se maintenir au pouvoir par des moyens non constitutionnels".

La Cédéao a mené en vain ces dernières semaines une médiation entre l'opposition nigérienne et le président Tandja.

Dans une réaction similaire, le président sud-africain Jacob Zuma, s'est inquiété que cette crise "crée des menaces pour la paix et la sécurité de la région".

"J'appelle les leaders militaires nigériens à respecter l'intervention de la Cédéao et à se plier aux principes constitutionnels du pays sur le transfert du pouvoir politique", écrit-il dans un communiqué.

L'UE et la France ont également "condamné" le coup d'Etat. Bruxelles a demandé "un processus démocratique", alors que Paris "engage tous les acteurs, y compris les forces armées, à trouver par le dialogue et dans les meilleurs délais une solution à la crise constitutionnelle".

Aux Etats-Unis, le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley n'a pas masqué ses "inquiétudes" dès jeudi soir tout en indiquant que "le président Tandja a essayé de rallonger son mandat".

"Et il est évident que cela a très bien pu précipiter ce qui s'est passé aujourd'hui", a estimé jeudi le porte-parole.

M. Crowley a toutefois précisé que Washington ne défendait "en aucune façon" la violence qui s'est exercée contre le pouvoir et il a souligné que "le Niger doit tenir des élections et former un nouveau gouvernement".

Un souhait formulé par l'Organisation de la conférence islamique (OCI), dont fait partie le Niger.

Son secrétaire général, Ekmeleddin Ihsanoglu, a appelé les nouvelles autorités de Niamey à "travailler sérieusement pour une transition politique conduisant à des élections libres, justes et crédibles".

L'ambassadeur d'Espagne au Niger - pays appauvri et menacé de famine -, Maria Soledad Fuentes a elle aussi estimé qu'une intervention militaire était prévisible compte tenu des agissements de Tandja et a dit s'attendre à ce que les putschistes restaurent la démocratie.

"Il était assez clair qu'à un moment où à un autre allait avoir lieu une intervention militaire", a-t-elle dit vendredi.

Les oppositions gabonaise et congolaise ont condamné le coup d'Etat, tout en se montrant très critiques envers le président déposé qui s'était accroché au pouvoir sans respecter les voies démocratiques.

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