lundi 3 octobre 2011

Les collectivités françaises appuient la démocratie nigérienne

A Saint-Brieuc, 130 personnes, dont le Premier ministre du Niger, ont participé aux Rencontres de la coopération décentralisée franco-nigérienne les 29 et 30 septembre 2011. Malgré les récentes difficultés politiques et les problèmes de sécurité au sud du Sahara, les collectivités françaises et nigériennes ont réaffirmé leurs engagements réciproques et lancent le 3ème volet du programme Aniya

«Au Niger, ‘Aniya’, ça veut dire volonté, engagement», expose Idi Tanko. Le coordinateur du programme Aniya 3 à Niamey était à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), les 29 et 30 septembre, à l’occasion des Rencontres de la coopération décentralisée franco-nigérienne auxquelles a participé Brigi Rafini, premier ministre du Niger nommé suite aux élections de mars 2011.

Mutualiser, coordonner, capitaliser - « En France, il y a peu de programmes concertés de coopération décentralisée comme Aniya, ajoute Stéphane Valli, vice-président de la Communauté de communes de Faucigny-Glières (Haute-Savoie, 7 communes, 25 000 habitants). Nous mutualisons nos moyens, nous coordonnons nos actions et nous capitalisons les expériences des collectivités françaises et nigériennes. »

Le premier programme Aniya a été lancé en 2003 et renouvelé en 2005. Mais la crise politique et institutionnelle ouverte en 2009 a retardé son troisième volet.
Aniya 3 implique désormais un réseau d’une quarantaine de collectivités françaises et d’une cinquantaine de collectivités nigériennes autour de 80 projets. Ce programme triennal bénéficie d’une subvention du Ministère des affaires étrangères de 300 000 € et du soutien financier et logistique des collectivités françaises. Ainsi 200 000 € sont annuellement investis au Niger.

Effet leviers des financements – « Les financements des collectivités françaises ont un effet levier important au Niger où 100% des investissements et 60% des budgets de fonctionnement relèvent de l’aide internationale, » commente M. Valli qui préside le groupe-pays Niger de Cités Unies France. « Mais la coopération décentralisée s’inscrit dans la durée, on apprend à se faire confiance, à se dire franchement les choses. On évite ainsi les relations qui peuvent y avoir avec un bailleur de fonds. »
La communalisation nigérienne co-existe avec le système traditionnel de chefferie où les chefs de village sont membres de droit du conseil municipal et où le « chef de canton », et non l’Etat, collecte les impôts.
«Le chef est élu à vie et le maire a un mandat, explique M. Tanko qui a été maire de Sabon Guida de 2004 à 2010. C’est problématique car le maire ne récupère pas toutes les taxes perçues par le chef de canton. Dans le meilleur des cas, les communes perçoivent la moitié des impôts envisagés. Dans ma commune de 74 000 habitants, nous disposions de 36 à 45 millions de francs CFA par an (55 000 – 68 600 euros). »

Impliquer malgré les restrictions budgétaires – En 2010, le Fonds monétaire international estimait à 381$ le PIB per capita au Niger et à 41 018 $ en France. « Le Niger n’est pas un pays pauvre, mais un pays mal géré, » déclarait Mahmadou Issoufou, le président de la république nigérienne, au moment de son élection.

« La Communauté de communes de Faucigny-Glières consacre 0,5% de son budget à la coopération décentralisée avec Téra (70 000 habitants), soit 100 000 euros dont la moitié sont financés par le MAE. Cette somme représente presque de leur moitié du budget communal. Malgré les restrictions budgétaires, nous n’y touchons pas. Mais ce contexte pose problème pour promouvoir la coopération décentralisée. Quarante collectivités françaises se sont engagées dans Aniya. Il en faudrait encore 210 pour que chaque commune nigérienne ait un partenaire. Finissez donc votre article en disant que le Niger est un pays exemplaire dont la démocratie a besoin d’appui ! »

Renforcer la qualification des élus et des territoriaux du Niger

Aniya 3 développe des projets dans cinq domaines :

le renforcement des capacités des communes nigériennes,
l’éducation,
la santé,
l’économie,
les échanges culturels.
Les efforts se concentrent dans le premier volet, appelé par la décentralisation nigérienne et la création, en 2004, de 255 communes et quatre villes. Les collectivités françaises apportent ainsi à leurs homologues nigériens un concours financier sur leurs projets de voierie, d’assainissement (latrines), d’eau potable ou d’activités génératrices de revenus communaux (par exemple, clôturer un marché aux bestiaux), mais aussi sur la formation des jeunes élus et fonctionnaires territoriaux.
Sur les cinq dernières années, 500 Nigériens ont ainsi bénéficié de formations ou de voyages d’études, notamment dans les pays d’Afrique de l’Ouest comme le Bénin ou le Burkina Faso qui ont l’expérience de la décentralisation. Pour faire face aux problèmes de sécurité au Niger – le MAE déconseille les voyages dans le pays – Aniya prévoit aussi la mise en place d’outils de téléconférence. Enfin, afin de faciliter les voyages de Nigériens en France, Aniya va proposer au ministère une charte sur la délivrance des visas.

S. Stoll

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